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Pourquoi toutes ces années les gouges en main ?
Après
avoir travaillé
dans l’industrie, je quitte cette profession, car l’apparition et
l’utilisation dans les années 60-70 des plastiques et du polystyrène pour
la confection des modèles font perdre tout intérêt à ce métier. Dès
lors, j'occupe différents emplois, mais l’attirance pour les arts graphiques reste présente
et chaque fois que je le peux, je dessine. Je suis des cours du soir de
sculpture, de modelage et de dessin à l’École des beaux-arts de la place
des Vosges, à Paris. A
partir des années 1980, je décide de me consacrer exclusivement à la
sculpture sur BOIS.
C’était alors la grande mode de la représentation hyperréaliste de
l’objet : Vêtements (pantalons, vestes,…), objets du quotidien
(sacoches, chaussures, livres,…), dont l’aspect était plus vrai que
nature ! Je travaille dans cette direction, avec ma propre sensibilité :
d’une manière plus figurative qu’hyperréaliste. Peu
à peu, je privilégie la sculpture de voitures, surtout celles des années
1930 qui m’inspirent par les volumes généreux des carrosseries. Mais très
vite la voiture passe du statut d’objet à celui de concept, elle devient le
prétexte à la création de formes nées de mon imaginaire. La
matière reste prépondérante : le travail de la forme est intimement lié
au respect de la texture et des tons naturels du BOIS. Parcourant la France,
j’ai eu la chance de trouver une scierie dans le Lot qui possède des
plateaux d'un noyer des Causses aux veines et imperfections spécifiques
et artistiques.
Mon travail de création réside dans la découpe du bloc brut, entre cœur
et aubier, entre nœuds et fil étiré. Je
suis désormais en constante recherche pour utiliser les veines et les tons si
caractéristiques de ce NOYER et les mettre en valeur dans le choix du volume des
courbes d'une aile ou d'un capot.
Aller
au-delà de ce que l’on connaît pour apprécier ce que l’on voit… comme
disait le peintre Magritte en désignant une pipe dans ses toiles : " ceci
n’est pas une pipe " Cependant il n’est pas aisé, lorsque l’objet est trop connu, de s’en détacher et de se laisser aller à ne voir que son enveloppe ! Mais
voilà, une obstination intérieure m’anime à rester sur le
"support" de la voiture et lorsque j’aurai l’impression d’avoir épuisé
tout ce que l’on peut obtenir de ce travail, les gouges et les ciseaux
prendront probablement une autre orientation. Toujours
à la recherche d’un modelé, d’un équilibre ou au contraire d’une
dissymétrie, fruits des fibres du noyer et des outils, la passion me fait
chaque fois entreprendre une nouvelle «voiture objet », en quête d'un aboutissement esthétique et tactile.
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